Enjeux

La quantité de sols pollués de manière diffuse est en augmentation constante dans le monde entier. Tous les contaminants présents dans les sols ne sont pas nécessairement bio-disponibles, c'est-à-dire assimilables par les organismes vivants, mais représentent une source de danger qu'il convient a minima d'évaluer, et le cas échéant de gérer. Quels sont par exemple les impacts des polluants inorganiques sur les récepteurs terrestres (légumes, grandes cultures, ...), aquatique et littoraux (poissons, moules, ...) ? Se pose également la question de la gestion de ces territoires.

Exemples

Un ancien sol viticole pollué au cuivre peut-il toujours être cultivé ? De même pour un sol de jardin urbain pollué par du plomb d'origine géogène ? Quels sont les seuils et/ou les critères à définir pour engager, ou non, une action de dépollution (en l'absence de directive européenne sur les sols) ou une modification des usages des sites concernés ? Une parcelle polluée en bord de Loire peut-elle être reconvertie en aire de jeux ?
POLLUSOLS vise à expérimenter sur sites, des méthodes de gestion les moins couteuses et les plus durables possibles :
  • Gestion de la pollution par modification des usages des sols ;
  • Techniques de dépollution in situ préservant ses fonctions écosystémiques.
L'étendue des surfaces impactées, l'une des caractéristiques des pollutions diffuses, rend inapplicables les techniques courantes de dépollution très souvent basées sur l'excavation, le stockage et, le cas échéant, le traitement des terres polluées. Dépolluer le sol impose alors d'extraire les polluants inorganiques.
C'est pourquoi la phytoextraction parait particulièrement adaptée à ce type de pollutions. Mais cette technique peine à émerger en raison de la lenteur des traitements et de la gestion de la biomasse végétale post-traitement.

POLLUSOLS vise également à comprendre comment la société civile et la sphère politique perçoivent les sites miniers uranifères. La perception du risque peut varier d'une zone à l'autre, entrainant des dynamiques de territoires différentes : sanctuarisation, dépollution, ou encore réappropriation et revalorisation.
Gérer des sols pollués nécessite de comprendre ces processus de patrimonialisation.

L'axe « Impacts et patrimoine » de POLLUSOLS s'attache ainsi à étudier les impacts des polluants sur différentes cibles, à faire le point sur les modes de gestion des sols avec maintien ou changement d'usage, à comprendre les mécanismes de concertation sociale liés à la gestion de l'après-site minier, et à développer un outil d'aide à la décision en la matière.

Activités menées dans cet axe

  • Evaluation de la biodisponibilité des éléments traces par extractions sélectives et par systèmes de type DGT ;
  • Etude de l'impact sur les cibles terrestres (plantes à usage alimentaire) et aquatiques et littorales (réseau trophique : poisson, moules, huitres, foraminifères)
  • Etude de l'écotoxicologie : Evaluation de la correspondance entre biomarqueurs d'exposition et niveaux de contaminants ;
  • Conceptualisation d'un outil d'aide à la décision intégrant l'ensemble des données relatives aux comportements des éléments d'intérêt et d'usage du territoire ;
  • Développement d'un procédé innovant pour la réhabilitation des sols couplant bio-augmentation et phyto-extraction.

Coordinateurs méthodologiques :
Thierry Lebeau (LPG)
Sophie Brétesché (LEMNA)
Version anglaise