L'OR2C entend répondre à de réels besoins, identifiés notamment depuis trois projets régionaux (GERRICO, COSELMAR, RS2E-OSUNA) :

- la nécessité de mettre en place une observation globale et sans lacune du linéaire côtier régional (bathymétrie, fonctionnement des cordons dunaires, spatialisation des submersions marines, connaissance fine de l'érosion et de ses rythmes, etc...).

- la nécessité d'homogénéiser les procédures d'observation.

- la nécessité de recherches complémentaires afin de mieux comprendre certains processus (ex : calibration réaliste des brèches lors des épisodes tempétueux, mouvements sédimentaires sur les petits fonds, etc...).

OR2C combine par conséquent deux dimensions dans un même projet : un projet scientifique et un projet de territoire.


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OR2C, un projet scientifique


L'OR2C ne se propose pas de refaire ce qui a déjà été fait, mais de combler les lacunes scientifiques subsistant aujourd'hui. L'objectif des modules 2, 3 et 4 consiste par conséquent à compléter l'information scientifique disponible sur les risques côtiers (voir rubrique « modules »).

Dans le cadre du module 2 (structuration et acquisition de l'information sur les risques côtiers), des compléments d'acquisition LIDAR sur plusieurs secteurs de l'Anse de l'Aiguillon à la Turballe ont eu lieu aux mois de septembre et d'octobre 2016.

L'outil de géotraitement qui fait actuellement l'objet de la thèse de Martin Juigner, financée par la Fondation de France, sera déployé dès 2017 sur l'ensemble du linéaire côtier régional dans le cadre du module 4. Il sera élargi à d'autres types de risques (submersions marines) et aura pour fonction d'épauler les structures en charge de la gestion du risque en région. Cet outil novateur est également prévu pour être exporté dans d'autres régions.

« Outil de DIagnostic multiscalaire du service protection DUNairE (DIDUNE). »

Martin Juigner, doctorant à Géolittomer

Directeurs : Françoise Debaine, Marc Robin

Suite à la tempête Xynthia de février 2010, une prise de conscience aiguë émerge concernant le rôle que peuvent jouer les cordons dunaires face aux aléas météomarins, relançant l'idée de cordon-digue et assimilant en quelque sorte les dunes à des systèmes naturels de défense devant faire l'objet d'une surveillance.

Le service protection est donc replacé au cœur de la vision sociale du rôle joué par ces milieux dunaires dans les zones à forts enjeux humain et non humains. Il manque cependant une dimension outil opérationnel pour un diagnostic efficace que le projet DIdune se propose de combler.

Ce projet porte sur les dunes bordières non boisées situées sur le littoral centre atlantique, depuis la pointe d'Arçay jusqu'aux massifs dunaires de Loire-Atlantique. L'objectif est de proposer un outil de diagnostic multiscalaire des états de conservation dunaire au regard des divers services attendus de ces milieux et plus particulièrement du service protection contre les submersions, l'érosion marine et la déflation éolienne.

Sur le plan scientifique, DIdune repart des acquis du programme LITEAU III « multidune ». Le principe général s'articule autour du déploiement d'unités d'observation (ou boites) au sein desquelles est calculé un ensemble de géoindicateurs, dont l'agrégation permet de définir le degré de sensibilité des systèmes dunaires ainsi que le degré d'exposition des enjeux non-humains.

A terme, l'objectif est de présenter une démarche reproductible en vue d'une gestion intégrant 3 niveaux scalaires fonctionnellement emboités : le niveau du gestionnaire de terrain (intervention), le niveau intermédiaire (diagnostic fin avec vision synoptique) et le niveau global (classification et statistiques spatiales des massifs dunaires).

 

Les travaux du module 3 (histoire des risques en région) font actuellement l'objet de deux thèses :

« Dérèglements du temps et sociétés dans les provinces de la façade occidentale du Royaume de France (début XIVe-fin XVIe siècle) »

Emmanuelle Athimon, doctorante à Géolittomer et au CRHIA

Directeurs : Jean-Luc Sarrazin, Thierry Sauzeau, Mohammed Maanan

Mon sujet de recherche touche une discipline encore peu connue et investie en France : l'histoire du climat ou climatologie historique. Il s'agit d'un domaine à l'interface entre l'histoire, la géographie et les sciences de la vie et de la terre.

L'objectif majeur de mes recherches doctorales est d'interroger les dialectiques « homme-climat » / « homme-milieu » en mettant en œuvre une démarche inter et pluridisciplinaire.

 La recherche consiste à collecter les données relatives aux phénomènes climatiques et météorologiques (orages, chutes de grêle, inondations, gelées, sécheresses...), en accordant une attention particulière aux tempêtes et submersions marines, - autant dans les sources narratives (chroniques, annales), les documents archivistiques (registres de comptes, de délibérations, d'assises seigneuriales...), que par le biais d'études de terrain (carottages sédimentaires en lien avec Pierre Pouzet, doctorant à LETG-Nantes) -, afin de proposer une reconstitution climatique des XIVe-XVIIIe siècles, d'envisager les impacts de ces événements sur les sociétés et d'analyser les capacités de réaction, adaptation et résilience des populations et « pouvoirs publics » de l'époque.

A l'heure du changement climatique, la connaissance et la compréhension des variations climatiques et des aléas météorologiques passés sont primordiales pour nourrir la réflexion globale sur le changement climatique et ses éventuelles manifestations ; contribuer à repérer les zones à risques, participant ainsi à la prévention, à la sensibilisation, à la résilience des communautés ; recréer du lien avec les territoires, en particulier à travers la (re)construction d'une mémoire objective et fiable des événements ; aider à orienter les choix futurs des autorités en matière d'adaptation, de gestion et d'aménagement du territoire ; optimiser et affiner les modèles climatiques...

« Reconstitution des événements tempétueux extrêmes en région Pays de la Loire à partir de la combinaison de géo-indicateurs sédimentologiques, dendrochronologiques et d'archives historiques. »


Pierre Pouzet, doctorant à Géolittomer

Directeurs : Mohammed Maanan, Marc Robin

Avec l'augmentation de la population et des infrastructures côtières, les tempêtes sont devenues un des aléas majeurs sur le littoral. La région des Pays de la Loire n'est pas épargnée : la tempête Xynthia (2010) fut responsable du décès de vingt-neuf personnes dans notre région, avec un coût dépassant le milliard d'euros. La prévision de ces événements à partir de modèles climatiques est primordiale. Le problème majeur dans cette approche reste le manque de données pour calibrer ces modèles. Nous proposons une approche multi-indicateurs dans l'étude des tempêtes et des submersions marines afin d'offrir une meilleure compréhension de leur emprise spatio-temporelle. Nous reconstituerons les tempêtes majeures passées par l'étude d'archives sédimentaires, dendrochronologiques et historiques, et développerons des indicateurs pertinents pour évaluer le temps de résilience des systèmes côtiers (naturels ou sociétaux) et caractériser les risques induits par ces aléas. Ce projet permettra d'estimer la réponse des littoraux de notre région aux changements globaux à travers les évolutions observées sur ces tempêtes, et d'estimer leurs impacts sur l'environnement littoral et sur les sociétés.


OR2C, un projet de territoire

En plus de son implication scientifique, l'OR2C se propose d'œuvrer pour une dynamique d'observation le long du linéaire côtier régional, en accord avec l'axe 1 de la Stratégie Nationale de Gestion Intégrée du Trait de Côte. Il n'a pas vocation à se substituer à l'existant, mais à assurer le trait d'union entre les nombreux acteurs travaillant sur le risque en région.

La continuité territoriale est ainsi au cœur du projet, l'objectif étant d'aller plus loin qu'une appréciation sectorisée des phénomènes et d'assurer un lien renforcé entre toutes les structures et échelons administratifs (coopération en région). L'OR2C entend également développer ses échanges avec les autres observatoires régionaux (coopération interrégionale) afin d'assurer une collaboration efficace dans le cadre de la Stratégie nationale.

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